Une ruine de la Baumelle

Souvenirs d'enfance

Il y a quelques jours, avec des amis, nous avons décidé de faire un tour vers le passé pour essayer de retrouver les impressions que nous avions lorsque gamins, nous parcourrions les sentiers et les ruelles du Mas Soubeyran.
Rendez-vous était fixé à 10 heures et nous nous retrouvons devant la remise à l'entrée du Mas. Les touristes ne sont pas encore réveillés et déja on s'active sur la terrasse du restaurant. En passant on salue le patron qui discute avec un voisin et nous nous engageons vers le sentier de randonnée à droite face au Musée du Désert. Cela fait plus de quarante ans que je ne suis pas passée par là, j'ai du mal à me retrouver. Je me souvenais d'un chemin en plein cagnard et maintenant les arbres offrent une ombre bienfaisante par ces jours de canicule. Très vite nous passons devant le moulin et attaquons le sentier caladé qui n'est plus qu'une suite d'ornières et de cailloux. et on peut imaginer tous ces hommes qui ont alligné ces pierres pour faire ces faïsses dont la plus grande largeur ne doit pas dépasser deux mètres. Nous franchissons le gué du ruissseau ou coule un petit filet d'eau qui jadis permettait d'irriguer les terres.
Enfin nous arrivons à la Baumelle. Quelle désolation ! Bien qu'abandonnés, il y a quarante ans, les murs étaient encore témoins d'une vie pas très éloignée, mais maintenant ...

On aurait bien envie de faire revivre de telles ruines

On a du mal a imaginer que trois ou quatre ans en arrière, vivait encore ici un berger avec ses chèvres et ses moutons et quelques année plus avant, un autre avait commencé la restauration de vieux murs. Pour monter plus aisément, il avait fait cimenter les parties du chemin les plus agressées par les pluies.
Enfants, nous passions entre ces murs pour jouer à la cachette, maintenant, c'est avec précautions qu'il faut progresser dans les ruines. Pendant que je fais le tour du mas par la gauche, mon ami passe par la droite et nous nous retrouvons au centre, au pied d'un corps de bâtiment en cours de restauration. En contournant la bâtisse nous sommes accueillis par un chien puis par sa charmante propriétaire. Après les salutations d'usage, mon ami engage la conversation et nous apprenons que la remise en état des lieux demande beaucoup de temps, que le calme de l'endroit est quelquefois perturbé par la venue d'intrus et que le sentier de randonnée emprunte un chemin privé avant de rejoindre l'ancienne draille. Mon ami sans rien paraître prend la remarque pour lui, car très certainement il doit être à l'intérieur de la propriété de son aimable interlocutrice
A la descente nous rencontrons le propriétaire du moulin qui nous commente avec brio ses travaux de rénovation et ses impressions sur sa nouvelle vie rurale. En arrivant au Mas, l'envers du décor nous surprend un peu car si la partie exposée aux touristes reste relativement agréable, derrière, le bri à brac de bassine, bouteille de gaz, brouette, sceau et autres engins agricoles fait un peu peur. Puis c'est dans les ruelles du Mas que les plus intenses souvenirs remontent dans la tête. Le volet est tiré sur la fenêtre où, enfant, la femme cachée à l'intérieur nous faisait peur. Le personnage de cire du Musée ne regarde plus à travers la vitre. Puis ce sont les cris que nous poussions lorsque les grands nous poursuivaient dans les ruelles en imitant le loup qui me reviennent aux oreilles. C'est aussi la voix de de stentor du pasteur qui commentais la visite du musée. Par la ruelle qui donne accès au Musée, nous atteignons la placette au centre du Mas. Elle nous semble bien vide. Personne n'est assis sur le banc de pierre, en conversation avec le voisin, que des maisons aux volets clos, de l'herbe un peu partout, comme abandonnée. Par la grande ruelle, nous rejoignons le couvert où traditionnellement sont servies boissons et gâteaux le jour de l'assemblée. La promenade est terminée mais il faudra quelques temps pour quitter le rêve de ces souvenirs d'enfant.

ruelle du Mas Soubeyran
Placette du Mas Soubeyran
lorsque les grands nous poursuivaient dans les ruelles en
Personne n'est assis sur le banc de pierre, en conversation avec le voisin
imitant le loup...