LES PROMENEURS ET LE PAYSAN

Il y a quelques temps un ami racontait à son ami qu'un jour d'été, alors que les baigneurs pataugeaient dans les gours de la rivière et qu'un chien dégoulinant venait s'ébrouer sur la serviette d'une dame très digne, il donnait un coup de débrousailleuse le long d'un chemin traversant sa propriété. De sueur trempé et de poussière couvert, dans le but de faciliter le cheminement des marcheurs qui passaient par là pour rejoindre un chemin de randonnée proche, il coupait les ronces, lesquelles profitant de la chaleur ambiante le narguaient en poussant à vue d'oeil. Son engin à moteur ayant besoin de s'abreuver, il s'arrêtat et alors qu'il remplissait le réservoir de la machine, un groupe de personnes se présenta à un virage du chemin et vint dans sa direction. Lorsque le groupe fut à sa hauteur, L'ami leur dit en français "Bonjour, pas trop chaud". En apparence, ils ne parlaient pas la même langue car aucune réponse ne vint et les yeux que le dévisageaient lui firent comprendre qu'effectivement, il n'était pas très propre à la limite du présentable, mais, malgré tout, il prononça un seconde fois le mot magique en insistant un peu espérant cette fois-ci obtenir une réponse : "Bonjour". Le groupe passa son chemin et après quelques mètres atteignit le morceau de bois planté en travers du chemin qui faisait fonction de symbolique barrière signalant que l'on pénètre à l'intérieur d'une propriété. Le plus robuste de la bande souleva le frèle tronc d'accacia et le posa à terre pour permettre au reste de la troupe de franchir l'obstacle sans encombre. Une fois passé, le plus jeune qui fermait la marche dit au costaud : "Tu ne fermes pas ?" et l'autre de répondre : "Le guignol là bas, y n'a qu'ça à faire". Le brave homme, après mures réflexions dans sa tête de primate supérieur comprit que le guignol c'était lui vu qu'il était tout seul et se mit à penser à haute voix : "Les touristes ne sont pas très polis cette année". Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il s'apperçut que les impolis montaient dans une voiture immatriculée dans le département avec en effigie un autocollant vantant les mérites de la capitale locale.

Ce ne sont pas forcément les étrangers qui sont les moins polis mais rappelez vous que souvent sur le territoire d'une commune, les terres appartiennent à un particulier et si au cours de vos balades vous croisez un conducteur d'engin à moteur suant et poussiéreux, c'est certainement le propriétaire et le saluer ne vous écorchera pas la bouche. Mais que veux-tu, dit l'ami : "Il n'ya plus de savoir vivre".